Le secteur de l'assurance français en 2008

 

Malgré sa bonne résistance, le secteur français de l’assurance n’a pas été totalement épargné par les effets de la crise financière. Le chiffre d’affaires total s’inscrit en repli de 4%, notamment en raison de la baisse de l’activité en assurance-vie. Le résultat net total du secteur, malgré une baisse de 18,5%, reste néanmoins largement positif à 11,8 milliards d’euros. L’orientation défavorable des marchés en 2008 a en effet touché les organismes d’assurance qui en fin d’année détenaient 1700 milliards d’euros d’actifs, dont plus de 1500 milliards d’euros détenus en garantie de leur capacité à tenir leurs engagements envers les assurés. Les plus-values latentes, matelas de sécurité du secteur, déjà fortement entamées à fin 2007, se sont encore sérieusement réduites notamment pour la partie “actions” qui en fin d’année présente des moinsvalues latentes.


La solvabilité du secteur n’est, toutefois, pas en danger. La marge de solvabilité demeure couverte en fin d’exercice à 180% par les éléments les moins fluctuants (fonds propres), et à 220% en tenant compte de la totalité des éléments admissibles dans la couverture. La capacité du secteur à faire face à ses engagements est donc largement préservée, à l’image de la couverture de la tempête ayant frappé le sud-ouest en début d’année dont l’indemnisation n’a pas suscité d’inquiétudes particulières.


Les détenteurs de contrats d’assurance-vie en euros ont vu, en moyenne, leur épargne revalorisée
de 4%, soit à un niveau quasi identique à celui de l’année 2007. Les détenteurs de contrats libellés
en unités de compte, dont l’épargne est directement indexée sur la valeur de placements financiers déterminés – le plus souvent des OPCVM – ont, par contre, supporté des pertes de valeur parfois importantes, souvent directement imputables à la baisse des marchés d’actions.


La consommation accélérée d’une grande partie des marges de prudence accumulées par le passé, un contexte financier toujours incertain sur le début de l’année 2009 et la propagation de la crise à l’économie non-financière – facteur d’activité supplémentaire pour répondre à la recherche de couverture de risques accrus, mais également facteur de dégradation des résultats lorsque les risques se réalisent – appellent l’ensemble des acteurs du secteur à ne pas relâcher leur vigilance vis-à-vis du maintien des équilibres techniques nécessaires au pilotage prospectif de l’activité.

 

 

Périmètre de l'étude


Les éléments chiffrés présents dans ce document proviennent des informations que les organismes pratiquant les opérations d’assurance en France et soumis au contrôle prudentiel de l’ACAM doivent lui communiquer annuellement. L’étude exclut les assureurs européens qui, depuis 1995, peuvent pratiquer des opérations en France en liberté d’établissement ou en libre prestation de services et sont alors soumis au contrôle de leur pays d’origine dans le cadre du “passeport européen”. Cette forme d’activité représente toutefois moins de 2% de l’activité en France.


À la date de finalisation de ce rapport, une partie des informations n’était pas encore disponible pour une exploitation statistique. Les données chiffrées de cette 3ème partie sont donc partiellement estimées. Elles peuvent néanmoins être considérées comme représentatives puisque plus de 95% du chiffre d’affaires du marché est couvert, avec toutefois une certaine hétérogénéité par type de risque assuré : 80% à 100% du marché.